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Tout est street art

Écrit par Sketchar6 min de lecture
Tout est street art

Racines

Le street art sous forme de textes et de graphismes simples réalisés dans des lieux publics serait né pendant la Seconde Guerre mondiale. « Kilroy was here » est souvent considéré comme la première inscription virale, créée par un certain Kilroy, qui travaillait dans une usine de bombes à Detroit, aux États-Unis. Au départ, la phrase était inscrite sur les caisses de bombes qui y étaient fabriquées. Elle a ensuite été complétée par un simple dessin au trait représentant un homme au long nez, puis diffusée par les soldats américains.

La pratique a commencé à se développer dans les années 1960 dans la ville de Philadelphie, aux États-Unis, encore considérée aujourd'hui comme le berceau historique de la culture graffiti. Dans les années 1970, elle a gagné New York, en commençant par le quartier de Washington Heights, à Manhattan. C'est à cette époque qu'est apparu le tag. Puis est venue la tradition d'accoler un numéro de rue à un surnom. Les writers se sont livré une rivalité acharnée pour être reconnus comme les meilleurs, ce qui a provoqué une croissance rapide et incontrôlée du mouvement. Et avec le temps, on est passé d'œuvres textuelles à un street art visuellement conceptuel.

Le premier musée de street art a été fondé à Saint-Pétersbourg, en Russie, en 2012, sur le site d'une usine de plastique stratifié encore en activité.

Formes d'expression

Toute œuvre visuelle au caractère urbain marqué peut être classée dans le street art. Au début du XXIe siècle, celui-ci s'est développé en formes interdisciplinaires complexes. Graffiti, pochoirs, affiches, autocollants, mosaïques, reverse graffiti, installations, projections vidéo, voire performances : les possibilités de supports pour le street art sont infinies. De nouvelles approches émergent sans cesse, les artistes cherchant à trouver leur style unique et à se démarquer.

Graffiti

Ce terme englobe toutes les formes d'inscriptions sur des surfaces publiques. Il est le plus souvent associé à des lettrages très stylisés et abstraits et/ou à des personnages proches de la bande dessinée, avec des choix de couleurs audacieux.

L'artiste et militant social américain Keith Haring a créé dans les années 1980 des fresques inspirées du graffiti, abordant l'homosexualité et le sida, brisant les tabous et dénonçant les injustices sociales ; New York, 1986 (image via widewalls.ch)

Pochoirs

Ils sont généralement préparés à l'avance en papier ou en carton, puis fixés sur la surface au ruban adhésif et recouverts de peinture en bombe, l'image ou le texte apparaissant une fois le pochoir retiré.

Le Britannique Banksy, célèbre dans le monde entier et dont l'identité reste un mystère, est reconnaissable à ses silhouettes noires massives accompagnées de messages pleins d'esprit ; Bethléem, 2005 (image via lifegate.com)

Affiches

Les affiches sont des graphismes faits main ou imprimés sur papier fin, collés sur des surfaces ou accrochés à la verticale. Comme les pochoirs, elles sont appréciées des street artists car elles permettent de réaliser l'essentiel du travail en amont, réduisant ainsi le risque de confrontation avec les autorités sur le lieu même de l'installation.

JR est un artiste et photographe français qui recouvre les villes de collages photo monumentaux en noir et blanc ; Kibera, 2009 (image via widewalls.ch)

Reverse graffiti

C'est une méthode qui consiste à créer des images en retirant la saleté d'une surface (aussi appelée clean graffiti, dust tagging ou grime writing).

L'artiste de rue britannique Moose, connu comme l'inventeur du « reverse graffiti », réalise des œuvres complexes sur des bâtiments, sous des ponts et dans des tunnels à l'aide d'un nettoyeur haute pression ; Londres, 2014 (image via itsnicethat.com)

Mosaïques

Les carreaux, sous diverses formes, tailles et couleurs, sont largement utilisés dans le street art pour leur durabilité intrinsèque et leur impact visuel éclatant.

L'artiste chicagoan Jim Bachor embellit les rues en comblant les nids-de-poule avec des mosaïques colorées en verre et en marbre, allant de motifs végétaux au visage d'Aretha Franklin ; Detroit, 2018 (photo de Jim Bachor)

Acceptation par le public

Le débat persiste : s'agit-il d'art ou de vandalisme ? La frontière reste ténue entre l'apprécier et le domestiquer.

Historiquement, la plupart des artistes sont descendus dans la rue non pas pour se mettre en avant, mais pour sensibiliser à des problématiques. Ainsi, en tant qu'opposition à l'ordre établi, le street art porte généralement un message politique ou social fort et continue d'être réalisé dans des lieux non autorisés. Mais depuis peu, les street artists sont de plus en plus souvent commandités pour créer dans des lieux publics, et ces œuvres suscitent un intérêt considérable auprès des musées, des galeries et des collectionneurs, devenant ainsi une marchandise et un objet d'appropriation par la culture pop.

Le street art doit être distingué de l'art public. Le premier se trouve dans l'espace public urbain et est considéré comme rebelle et illégal, risquant à tout moment d'être effacé, tandis que le second est officiellement autorisé par les villes ou les propriétaires et perçu comme culturellement enrichissant et socialement acceptable.

L'attitude du public dépend largement des opinions de chacun sur les comportements acceptables dans l'espace public. Aujourd'hui, de plus en plus de gens ont tendance à considérer le street art comme quelque chose de positif. Ses attributs uniques, comme une « célébration de l'existence » et une « déclaration de résistance », dépendent fortement de son emplacement. De plus, la différence tient à l'image du peintre : est-il artiste, militant, writer, vandale, illustrateur ? La perception des gens change selon la manière dont cela est communiqué.

Alors, existe-t-il un « bon » et un « mauvais » street art ? Chacun a sa propre réponse. Quoi qu'il en soit, il est essentiel de comprendre que, comme tout art, il n'a pas à être esthétiquement plaisant. La force réside dans l'émotion. Dans le street art, l'essentiel est d'engager un dialogue avec l'observateur. Il incarne un phénomène qui, par autotransformation, métamorphose constamment la réalité de l'art contemporain.

Les rues & SketchAR

Avec le développement de divers logiciels et technologies graphiques, les street artists disposent aujourd'hui de nombreux outils pour créer et diffuser leurs œuvres. SketchAR, en particulier, permet aux artistes de mieux préparer leurs graffitis, notamment ceux de grande envergure. L'application superpose une image virtuelle sur une surface pour aider à tracer le dessin depuis un smartphone. Voyons comment cela fonctionne en pratique.

Anastasia Kraseva, Russie

Artiste pluridisciplinaire, directrice artistique chez MyBuddy.ai, membre du collectif artistique Vitae Viazi

Pour créer mes œuvres, j'utilise différents outils : aérosols, pinceaux, rouleaux. Les matériaux et les surfaces imposent toujours leurs propres corrections ; parfois, il faut trouver une solution particulière pour les faire cohabiter. Il est donc important de combiner des éléments qui paraissent incompatibles à première vue – les découvertes naissent des expérimentations.
Certaines œuvres risquent de perdre en qualité si le croquis est transféré négligemment sur une grande surface. L'application SketchAR apporte non seulement de la précision, mais augmente aussi considérablement la vitesse de mise à l'échelle et de traçage des images.

Vitae Viazi + SketchAR

Anatoly Akue, Russie

Artiste graffeur et peintre abstrait

J'aime jouer avec les matériaux et les approches, en travaillant beaucoup la forme et la couleur – cela ouvre la voie à la création de nouvelles œuvres.
Dans SketchAR, j'adore la fonction de transfert d'image, qui aide de nombreuses personnes à franchir le premier pas dans l'art et à essayer de dessiner ce qu'elles pourraient trouver difficile. L'application fournit les bases.

Anatoly Akue + SketchAR

En tant que phénomène social et expression artistique des dernières générations, le street art s'est installé au cœur de l'art contemporain. Aujourd'hui, c'est bien plus qu'un simple mouvement : c'est un langage visuel, avec de nombreuses langues et de nombreux accents.


Téléchargez gratuitement l'application SketchAR sur iOS et Android.

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